Pourquoi j’ai eu besoin d’un défi 30 jours “slow life”
Pendant des années, j’ai cru que “réussir sa vie” voulait dire : agenda plein, boîtes mail à zéro, to-do list infinie, notifications qui clignotent comme un sapin de Noël. Résultat : je courais partout, je répondisais “je suis débordée” à chaque “ça va ?”, et j’avais l’impression de ne plus vraiment habiter ma propre vie.
Je voyais passer des phrases inspirantes sur la slow life, le minimalisme, la déconnexion… et je me disais toujours : “Un jour, moi aussi.” Sauf que ce “un jour” n’arrivait jamais. Jusqu’au moment où mon corps a dit stop : fatigue constante, irritabilité, impression de perdre le fil de tout.
Je n’ai pas tout quitté, je n’ai pas déménagé dans une tiny house au bord d’un lac, je n’ai pas changé de métier. J’ai simplement décidé de tester un défi : 30 jours pour ralentir, réduire mon stress et retrouver du temps pour moi, sans tout envoyer valser.
Dans cet article, je te partage ce défi slow life “réaliste”, pensé pour des personnes qui ont une vie bien remplie, des obligations, des enfants parfois, un boulot souvent… et l’envie profonde de respirer enfin.
Ce que la slow life n’est PAS (et ce que c’est vraiment)
Avant de te dévoiler le défi, je veux casser quelques idées reçues. Parce que moi aussi, au début, je m’étais inventé tout un film sur la slow life.
La slow life, ce n’est pas :
- Tout quitter du jour au lendemain pour élever des chèvres dans le Larzac (sauf si c’est ton rêve, là c’est autre chose).
- Ne plus jamais être stressé·e ou débordé·e.
- Vivre dans une maison parfaitement rangée, beige, minimaliste, façon catalogue Pinterest.
- Refuser toute ambition professionnelle.
Pour moi, la slow life, c’est plutôt :
- Choisir ce qui compte vraiment, au lieu de tout accepter par automatisme.
- Réduire le bruit, extérieur et intérieur.
- Créer des espaces de respiration dans des journées qui restent imparfaites.
- Remettre du sens dans ses habitudes, ses relations, son temps.
Et surtout : composer avec la vraie vie, pas avec une version fantasmée. C’est avec cet état d’esprit que j’ai construit ce défi 30 jours.
Comment fonctionne le défi 30 jours slow life
L’idée est simple : chaque jour, pendant 30 jours, tu ajoutes un petit geste slow dans ta journée. Rien de spectaculaire, rien d’impossible si tu travailles, si tu as une famille, si tu es déjà crevé·e. Juste des micro-changements qui, mis bout à bout, finissent par transformer ton rythme.
Tu peux suivre les jours dans l’ordre, ou piocher dedans selon ton humeur. Mon seul conseil : commence petit, mais fais-le vraiment. Mieux vaut un geste minuscule, répété, qu’une révolution qui tient 3 jours.
Les premiers jours : faire de la place dans sa tête
Les premiers jours du défi sont là pour alléger ton mental, parce que le stress commence souvent dans la tête avant de se loger dans le corps.
Idées pour les 7 premiers jours :
- Jour 1 – Le grand “stop” de 10 minutes : assieds-toi (lit, canapé, fauteuil, peu importe) et fais… rien. Sans téléphone, sans musique, sans lecture. Juste 10 minutes d’arrêt volontaire. Tu peux fixer un point, regarder par la fenêtre, t’étirer un peu. C’est inconfortable au début, et c’est normal.
- Jour 2 – La liste des “trop” : prends une feuille et écris tout ce qui est “trop” dans ta vie en ce moment : trop de réunions, trop de notifications, trop de trajets, trop de sollicitations. Sans chercher de solution, juste constater.
- Jour 3 – Une décision minuscule : relis ta liste de “trop” et choisis UNE chose sur laquelle tu peux agir un peu. Pas tout changer, juste réduire d’1%. Par exemple : couper les notifs d’une seule appli.
- Jour 4 – Ton rituel de début de journée : au lieu de commencer la journée en attrapant ton téléphone, invente un mini-rituel de 3 à 5 minutes : boire un verre d’eau chaude, ouvrir la fenêtre, respirer profondément, écrire une phrase dans un carnet.
- Jour 5 – Le scan du corps : le soir, allongé·e dans ton lit, passe mentalement en revue chaque partie de ton corps, des pieds à la tête, et relâche ce que tu peux. Ça prend 5 minutes, pas plus.
- Jour 6 – Clarifier une attente : identifie une situation qui t’épuise (au travail, dans le couple, en famille). Demande-toi : “Qu’est-ce que j’attends vraiment ici ?”. Parfois, juste mettre des mots apaise déjà.
- Jour 7 – Journée en mode “moins” : choisis volontairement de faire un peu moins : une machine de linge en moins, un mail rédigé plus simplement, un repas plus basique. Observe ce qui se passe quand tu n’essaies pas de tout optimiser.
Ralentir le corps pour apaiser l’esprit
On sous-estime à quel point notre corps est en mode “urgence” en permanence. Le défi va t’amener, doucement, à créer des moments où ton système nerveux peut enfin redescendre d’un cran.
Quelques idées pour la suite du défi :
- Introduire une marche lente : un jour par semaine, transforme un trajet en petite marche consciente. Pas de performance, pas d’objectif de pas, juste marcher sans se presser, sentir l’air, le sol, ton rythme.
- Respiration 4-6 : plusieurs fois par jour, respire profondément en inspirant 4 secondes par le nez, en expirant 6 secondes par la bouche. 5 cycles suffisent pour calmer un peu le système.
- Micro-pauses sans écran : au lieu de scroller dès que tu as 3 minutes, choisis une autre action : t’étirer, regarder dehors, boire un verre d’eau en conscience.
- Un repas sans distraction : au moins une fois dans la semaine, mange sans écran, sans lecture, juste en te concentrant sur ton assiette. Observe ce que ça change dans ta sensation de satiété et dans ton niveau de stress.
La lenteur physique finit toujours par déteindre sur le mental. C’est presque mécanique.
Réorganiser son temps sans chambouler toute sa vie
On a l’impression que “retrouver du temps pour soi” implique forcément un grand ménage dans son agenda. Parfois oui, mais pas toujours. Souvent, ce sont les interstices qu’on peut mieux habiter.
Dans ce défi 30 jours, tu peux tester :
- Le rendez-vous avec toi-même : bloque dans ton agenda un créneau de 30 minutes par semaine pour toi, traité comme un vrai rendez-vous. Pas forcément pour faire quelque chose de productif : juste un espace non négociable.
- Les transitions conscientes : entre deux grosses activités (travail / maison, maison / sortie, etc.), prends 2 minutes pour marquer une transition : respirer, changer de pièce, boire un thé, changer de tenue.
- La règle du “un en moins” : chaque jour, identifie une tâche que tu peux soit supprimer, soit simplifier, soit déléguer. Même minuscule. C’est un muscle à entraîner.
- Le temps mort assumé : au lieu de combler chaque file d’attente, chaque transport, chaque pause pipi avec un écran, offre-toi quelques minutes de vrai vide. Le cerveau adore ça, même s’il râle au début.
Réduire le bruit numérique sans devenir ermite
Je ne vais pas te dire de supprimer tous tes réseaux sociaux et de vivre sans smartphone. J’aime Internet, j’aime les échanges, j’écris en ligne. Mais on peut clairement réduire le bruit numérique qui alimente notre stress.
Pistes à tester pendant le défi :
- Désactiver quelques notifications : commence par celles dont tu n’as pas vraiment besoin en temps réel : réseaux sociaux, newsletters, jeux. Tu peux les consulter quand TU décides.
- Créer une “zone sans téléphone” : par exemple : la chambre, la table à manger, ou simplement la première demi-heure après le réveil. Choisis une règle simple et tenable.
- Trier une seule appli : un jour, consacre 10 minutes à désabonner ton fil d’actualité de ce qui te fatigue (comptes qui te comparent, qui t’énervent, qui t’angoissent).
- Instaurer un couvre-feu numérique : une heure avant de dormir, passe en mode “léger” : podcast doux, lecture, musique calme, carnet… Teste sur quelques jours et vois l’effet sur ton sommeil.
Retrouver du temps pour soi sans culpabiliser
C’est souvent là que ça coince : dès qu’on prend du temps pour soi, une petite voix arrive et murmure “tu exagères”, “tu devrais être en train de…”. La slow life, ce n’est pas seulement une question d’emploi du temps, c’est aussi une affaire de permission intérieure.
Quelques exercices du défi autour de ça :
- Identifier ce qui te nourrit vraiment : fais une liste de ce qui te fait du bien, pour de vrai : lire, cuisiner, être seul·e, danser, jardiner, écrire, appeler un·e ami·e… Note aussi le temps minimum dont tu as besoin (parfois 10 minutes suffisent).
- Un plaisir par jour : choisis un mini-plaisir à t’offrir chaque jour. Pas cher, pas compliqué, mais réel. Et fais-en un rituel, pas quelque chose que tu fais “si tu as le temps”.
- Changer ton discours intérieur : quand la culpabilité arrive, remarque-la, et remplace-la par une phrase plus juste, du type : “Prendre 20 minutes pour moi maintenant me rendra plus disponible après.”
- Oser dire “pas ce soir” : une fois dans le mois, refuse une sollicitation qui te fatigue (appel, sortie, tâche non urgente) pour préserver ton énergie. C’est inconfortable, mais libérateur.
Ce que 30 jours de slow life peuvent changer
Au bout de 30 jours, tu n’auras sans doute pas transformé ta vie de fond en comble. Tu auras encore des journées trop pleines, des moments de rush, des soirées où tu tomberas dans le scroll infini. Et c’est ok.
Mais tu risques aussi de remarquer :
- Que tu identifies plus vite quand tu dépasses tes limites.
- Que ton corps se détend plus facilement dans les moments de pause.
- Que tu as redécouvert 10 ou 15 petites choses qui te font du bien.
- Que certains automatismes de stress se sont un peu desserrés.
- Que tu te sens un peu plus aux commandes de ton temps, même si ta vie est toujours bien remplie.
La vraie magie de ce défi, ce n’est pas les 30 jours en eux-mêmes, c’est le moment où tu te surprends à prolonger naturellement certaines habitudes, sans te forcer.
Si tu as envie de te lancer
Tu n’as pas besoin d’un carnet neuf, d’un agenda spécial ou d’une appli miracle pour commencer. Tu peux simplement :
- Choisir une date de départ (ou… aujourd’hui).
- Noter sur une feuille les gestes que tu as envie de tester parmi ceux que je t’ai proposés.
- Cocher chaque jour où tu t’offres au moins un moment slow, même très court.
- Observer, sans jugement, ce que ça change dans ton niveau de stress et dans ta manière de vivre tes journées.
La slow life n’est pas une performance de plus, ni une identité à adopter. C’est une manière de reprendre doucement contact avec toi-même, à l’intérieur de la vie que tu as déjà.
Si tu tentes ce défi 30 jours, je serais ravie de savoir ce que tu en retires, les résistances que tu rencontres, les petites victoires que tu observes. Parce que derrière nos agendas surchargés, on est nombreux à aspirer exactement à la même chose : respirer un peu plus, courir un peu moins… et se retrouver, enfin.
